Statue de Glace
Le temps, depuis deux jours, s’est arrêté.
Les minutes n’ont plus cours,
Les heures suivent leur détours,
Je me perds, nuit et jour,
Dans le labyrinthe,
De ma non liberté.
Des messages m’assaillent,
Ma tête en bataille,
Hésite,
Comprend,
Ne comprend plus.
Depuis deux jours,
Je ne vis plus le jour;
Je ne sens plus le jour;
Je ne vois que la nuit;
De jour, comme de nuit.
Dehors, le soleil luit.
Hier soir,
Tout était si noir,
Plus la moindre lumière.
Proche de l’antimatière,
Où, dans ce crépuscule,
D’un mot, ma vie bascule.
Dehors, un ciel joyeux,
Tellement trop bleu.
Zébré de Poussières,
Ephémères,
Evadées du nuancier,
Couleur rose baiser.
Le soleil embrasait la mer,
Le soleil embrassait la Mer.
J’étais seule, brisée.
Ma vie, tel un brasier.
Et mon corps dévasté,
En occupation illicite,
Bail dénoncé, jeté,
Nidation interdite,
J’étais Maudite…..
Jamais,
Je n’avais ressenti un tel froid.
Mon cœur,
Prisonnier de la glace
Mon corps,
Véritable Statue de Glace.
Je m’écroulais, emplie d’effroi.
Mes mains gelées,
Je sentais,
Qu’elles pourraient se briser.
J’hésitais,
Pourrais-je encore bouger?
Ou, allais-je m’effondrer?
Ne resterait-il,
Que des cristaux de glace,
Qui à l’ultime instant,
Scintilleraient,
Puis disparaîtraient,
A jamais.
Ne laissant, pour toute trace,
Qu’un bleu Edelweiss.
Corps pétrifié, statue de Glace
Etait-ce la sensation de la Fin?
Je n’avais plus faim?
Je n’étais, qu’une Larme,
Qui roulait,
A fendre l’âme.
Mais qui, toi,
Te laissa muet,
Absent,
Evaporé.
Je me liquéfiais,
Rien ne t’alarmait,
Perdue, dans cette absence,
Pleine de conséquences,
Par ton inconséquence,
Je sombrais.
Dans cette aura givré
Qui m’enfermait.
Soudain, je pris conscience,
C'était, presque, une évidence,
Et, si cette sensation,
Si ce froid, qui m'envahissait,
S'approchait de cette sensation
Des ultimes instants?
Quand le corps est gelé,
Que le sang semble figé,
L’esprit dans un brouillard,
Le cœur presque en arrêt,
Je ne suis plus,
Qu’une larme givrée.
Qui viendra me délivrer?
BWS