Ce matin-là,
On me livra,
Une toile,
Aux dimensions gigantesques.
Il faut imaginer ma surprise,
Quand je la découvris.
A y regarder
De trop près,
Je me suis retrouvée,
Happée.
Je suis "entrée",
Dans la toile.
J’étais,
Rue des Teinturiers.
Autour de moi,
Les gens passaient.
Je rencontrais,
Au hasard de mes pas,
Nos mots,
Tous ces mots,
Qui faisaient nos nuits.
Je me pinçais,
Douce Folie.
Tout d’abord,
Près de la roue à aube,
Je voyais
Ma cheville foulardée,
Une entorse
Qui s’apaisait
Dans cette eau fraîche.
Vers elle, je me penchais.
Des larmes scintillaient.
Reflets argentés
Affleuraient.
Je n’en crus pas mes yeux.
C’est alors que
Sur une enseigne,
Je lus:
Le café "Pas Sage".
Là, c’en fut trop.
Un jeu de mots,
Dont j’avais nourri,
Un de mes écrits.
Le hasard ?
Non!
"Il n’y a pas de hasard"
Sur ces mots, je venais de buter.
J’étais prise dans un tourbillon.
Vos pensées erraient,
Tout comme j’errais,
Si souvent,
Au fil de mes nuits.
Un café, je m’assieds.
Une bicyclette passe,
Des demoiselles,
Et leurs jupettes,
Volant, au vent fripon.
Je me frotte les yeux,
Elles étaient là,
Elles aussi….
Et le temps qui s’arrêtait,
Pour nous laisser respirer.
Pour le coup, je ne respirais plus.
Dans les pommes, je tombais.
Je vous entendais rire.
Je vous voyais sourire.
Autour de moi,
Tout s’évanouissait.
J’étais sortie de la toile.
Une promenade inattendue,
Avec des mots entendus….
BWS 10 10 2012
Un poème né après la lecture de votre texte sur la rue des Teinturiers à Avignon, comme souvent, votre univers a nourri le mien, j'y ai mêlé ces mots sur lesquels je butais en proie à une douce folie......