C’est un Dimanche d’automne où le ciel n’en finit plus de pleurer. L'âme s'embrume à l'unisson.
Le ciel à ce côté " fin de monde", que l’on aime et déteste tout autant.
Il est d’un gris argenté, une luminosité quasi irréelle, que nul ne saurait peindre….. On s’attend presque à ce qu’il s’ouvre et nous " aspire".......... Pour nous offrir l'Eden, qui sait, ou peut être l'Enfer...
L’air est trop froid, chargé de ces cristaux glacés…La neige n’est pas loin, elle flirte avec les sommets ………On la pressent
Ca y est, les flocons sont tombés
Où est le ciel, où est le sol ?
Le temps s'arrête, la vie aussi s 'arrête un moment....
Il n y a plus le moindre bruit; puis, doucement elle reprend son cours.
C’est l’Après Midi, j’ai mis mes bottines et mon long manteau. Emmitouflée, le col remonté, je me fais l’effet d’une héroïne russe qui va sortir sur un sol enneigé…….
Il est tôt mais il fait presque nuit..
Je vais me promener dans ce bois, celui où nous étions dimanche dernier. J’avance, le sentier est gelé…. Je suis seule ou presque. Ça ne me gêne pas. Tout est tranquille, même les oiseaux sont absents…Etrangement, je ne sens pas grand-chose, J’ai cette impression qui ne me quitte pas, tu m’enveloppes, faisant un écran entre moi et le froid. Je n’ai pas froid, je ne ressens rien....Pourquoi? Tu devrais me manquer..... Je suis seule......Mais, rien, je ne ressens rien.
Je continue d'avancer, je ne pense à rien....
Je suis comme le paysage et le temps, "comme en attente" ....
Me voilà arrivée près de la pagode, tu sais, celle que nous avions
vue il y a une semaine ……
Une semaine, ça me semble si loin et si proche….Une semaine, un
frisson me parcourt....
.Aurai-je froid ? Je souris.
Non, le froid ne me mord pas.
Un instant j'ai pensé à tes baisers, puis plus rien. Cette sensation fugitive est si étrange
J’arrive devant cet arbre, immense, majestueux, celui contre lequel
tu m’avais collée....Et...Rien, absolument rien, aucun sourire ne
s'accroche sur mes lèvres, aucune larme ne roule sur ma joue, aucun
pincement au cœur, le '"néant"......
Juste, il est blanc, tout blanc, je sors la main de mon gant, je
la plonge dans la neige.
A son contact, je me réveille, je rigole, je viens de
penser à la Belle au bois dormant........Drôle d' idée....
Tout me semble si irréel. Je suis étonnement calme.
Il est encore tôt mais il fait si noir, pas un bruit, personne, je préfère
rentrer.
Je viens d'ouvrir ma porte quand je reçois ton message:
"Tu m'as manqué, je serai là dans deux heures, je........""
Cette fois encore, tu n'as pas fini ta phrase, et, j'ai souri....
Et d’un coup, tout revient, tout ce que j'avais refoulé.
Durant toute ton absence, je m'étais enfermée, coupée de mes
émotions pour ne pas souffrir du manque, j’ai eu peur, peur de te
perdre et là......Je ne sais qu’une chose, tu m'as manqué, atrocement
manqué et je me l'étais interdit.
Je pleure et je ris en même temps.
Je m'essuie les yeux, je t'attends.
"Tu es la vie" m'as-tu dit..........
Et la vie coule à nouveau dans mes veines.
BWS