Elle avait toujours su
Elle avait immédiatement perçu qui ils étaient
Elle était la seule à savoir, la seule à avoir ouvert bien grand ses yeux, loin des apparences et de leur désir de paraître, elle les voyait tels qu’ils étaient, sans concession, sans jugement aucun, au moins au départ.
Les deux " faux amis" naviguaient dans des cercles comparables
Tous les deux se cachaient derrière un statut, et tout un lot d’apparences
L’un avait un avantage, sa "profession" était de celles qui attirent les femmes, disait il....Narcisse dans toute sa splendeur
L’autre, le suivait et le singeait. D'une manière générale, tous ceux qui l'approchaient, finissaient par vouloir entrer dans son moule, un moule pourtant bien imparfait. Il avait une aura à n'en pas douter, mais, un jour, elle finissait par s'évaporer et la chute était vertigineuse.
Tous deux avaient de l’humour, un humour qu’ils portaient un peu comme une côte de maille, et beaucoup comme un appât
A grand coup de rires, ils approchaient leurs proies, les mêmes proies pour les principales, les autres ayant à leurs yeux moins d’intérêt.
Elle n’en avait pas eu immédiatement la révélation, mais son esprit, lui, savait. Sans qu’elle se soit posée la moindre question, elle avait dressé le portrait exact de l’ami, le "copieur". Ce n’était pas voulu, mais sa plume l'avait ciselé finement comme la lame experte de ces artistes qu’elle aimait. C’est beaucoup plus tard, qu’elle avait compris tous les rouages. Des rouages que bien entendu, elle avait sentis ou pressentis toujours sans y penser.....Des rouages qui continuaient à s'ajuster...Bientôt elle aurait tout "démonté".....
Elle avait ce regard qui perçait tout, entrant dans chaque âme et en ressortant avec une vision exacte.
Elle marchait à l’instinct et de l’instinct, elle n’en manquait point.
L’autre, celui qui se cachait derrière tant de masques qu’elle en avait eu le tournis, elle l’avait dénommé "Casanova", ça la faisait sourire aujourd’hui, mais, il est vrai que ça lui allait bien, on ne peut mieux même.
Mieux que ce sobriquet dont ses "amis" l’avaient affublé.
Un être raffiné semblait il, un esthète comme il aimait se définir lui-même, cultivé, mais aussi si………….
Autour de lui une cour, une immense cour de femmes
Des femmes de tous âges, de toutes apparences sauf que, celles qui lui plaisaient vraiment avaient toujours le même profil au sens propre comme au figuré. Brunes, assez jeunes, une chevelure importante, souvent bouclées, plutôt jolies enfin pas toutes, ayant de l’humour et sachant écrire, des poètes, d.es femmes qui savaient faire passer l’émotion, quoi qu'il devenait bien moins exigeant sur ce point, beaucoup d'agitation dans le ton et rien de profond.....Superficiel, il aimait le superficiel.....
La liste était longue, mais les élues d’un temps étaient peu nombreuses. L'une d'elle devenait invariablement la "favorite", quelques mois ou années. Seulement le temps passait et personne ne pouvait dire combien de temps il lui restait à vivre, on approchait de la fin...... La dernière risquait d'être un peu fade.....Mais bon, il l'avait déjà testée, et ne devait pas se montrer trop gourmand....Il était jeune dans l'âme, mais le temps passait, inexorablement.... Il ne s’attachait pas, ou plutôt il refusait de s’attacher, mais, on ne maîtrise pas tout…..
Un jour, il avait rencontré une femme qui en répondant à ce profil basique, avait ce plus, indéfinissable qui le retint longtemps, jusqu’à ce qu’elle exige plus……L’apparence ne l’intéressait pas, être favorite était un fait elle n’en avait cure, elle savait qui il était plus qu’aucune n’avait jamais su. Elle savait…..Elle seule savait…..
Elle connaissait la plus grande part de ses secrets. Et elle n’ignorait rien de celle qui l’avait précédée et qui la suivrait, trop heureuse d’avoir pu retrouver "sa place", une place qu’elle avait refusé et une place qu’elle lui laissait…..Elle voulait beaucoup plus, elle, elle exigeait la vérité…. Tout ou rien…. Elle était partie, avait claqué la porte en ayant pratiqué le "principe de la terre brûlée" elle avait fait disparaître toutes les traces de son passage…..Elle disparaissait physiquement, mais, ce qu’elle laissait derrière elle, avait plus de prix…………Rien de superficiel, il restait l’essentiel…..
Que ce monde qu’elle avait quitté ne lui manquait pas .De lui, elle savait presque tout, la conclusion qu'elle écrivait était comme souvent sans concession et très décevante…..
De l’autre, celui qui n’était même pas capable de dire à son cher "ami" tout ce qu’ il lui reprochait, celui qui s'abaissait à accepter, l’inacceptable plutôt que de l’affronter vraiment, plutôt que de savoir ….Bref, elle ne s’était pas non plus trompée sur lui, un faux "passeport diplomatique" pour un homme qui n’avait pas le cran d’être qui il était vraiment et qui jamais ne saurait qui il avait en face de lui…..Dailleurs, il était trop superficiel pour chercher la "vérité"...... Il lui suffisait qu'il accepte qu'il soit là.....Quel triste monde.
Sans concession
Etrange miroir des âmes, que seule, la femme qu’elle était savait décoder….. D’autres s'y essayaient, mais en général elles ne pénétraient que ce qui était presque trop évident: le harem ou la maison du marionnettiste avec ses poupées, pour le reste………….. Elles étaient en panne, inaccessible pour elles… Il fallait avoir une âme différente, plus animale, plus réelle, plus sensible, plus à même de tout voir, tout sentir, tout absorber………
Elle ne fit aucune concession et laissa, les faux amis roucouler et se
disputer les grâces de la "Valkyrie", enfin le terme était loin de lui
convenir, d'ailleurs, elle s'affichait à nouveau comme la maîtresse de
l'esthète, le suivant partout avec ses sourires, quel visage, brrrrr.......
Verrait elle sa nouvelle chute? Aucune importance....
Elle avait refermé le livre, et fait le vide...........C'était terminé.
BWS