Je pense à Rodin, mon Maître
Qui sous ses doigts, me fit naître.
Des siècles, que je suis assis
Et que je réfléchis ainsi.
Je devais être "Dante devant la Porte des enfers"
Dante qui aurait médité, longuement, sur son poème.
Du coup, je me demande si je ne vivrai pas un enfer.....
Et au fait, dites moi, quel était donc ce poème?
Des siècles que je suis assis là.
A voir passer autant de personnes
Je m'interroge, sur ces personnes
Pourquoi viennent elles jusque là?
Des siècles, que je m'interroge.....
Et jamais, personne n'y déroge.
Elles se placent face à moi
Elles attendent quoi de moi?
Je suis le reflet de leurs pensées
Mais elles où vont leurs pensées?
J'incarnerai la pensée universelle....
Moi, je serai la pensée universelle?
Ah, il fallait que je lutte avec un très grand dilemme!
Je vous rassure, j'ai l'air immobile, mais, quel dilemme
Qui suis je?
Ou vais je?
Et pourquoi suis je tout nu?
Quelle idée tu as eu?
Rodin, ces mains qui m'effleurent
Des fois, j'en ai juste un peu peur
Nudité, transparence, Poésie
Dis moi Rodin, en es tu certain, Poésie?
C'était donc véritablement nécessaire?
De me façonner sans aucun autre "nécessaire"
Que ceux que la nature m'a offerts
Honnêtement, que devais tu faire?
Des siècles que je m'interroge,
Des siècles que je cherche, ça me ronge
Dans tous mes songes, je me vois nu
La vérité tient t'elle, de cette mise à nue?
Je devais incarner la réflexion
Rodin, là, tout me laisse à penser
Que tu as réussi à troubler leurs pensées
Et qu'au fil des siècles je suis "la réflexion"
Ils me connaissent sous le nom du "Penseur"
Et je crois, à les voir, qu'ils sont, soit rêveurs
Soit à me scruter ainsi, interrogateur
Soit au fond devenus de vrais penseurs......
Rodin, je suis fatigué
Sur ma stèle, je désespère
Quand vais je me reposer?
Dans cette tenue osée
Un jour, je l'espère
On me mettra, dans un endroit austère
Et je pourrai enfin dormir
Et pour des siècles m'endormir
Endormies mes pensées
Les pensées de "Rodin le Penseur"
Ô Rodin libère "Le Penseur".......
BWS